La Musique est un ange !

Après le concert magnétique du grand Maestro Alain Lombard, avec, entre autres, La Pathétique de Tchaïkovski qu'il a su rendre grandiose et insaisissable à la fois, la participation si inspirée, poétique, de Renaud Capuçon dans le concerto pour violon de Mendelssohn, il y a eu la rencontre avec le jeune chef Peter Biloen, profondément sensible, précis, fougueux, dans Moussorgski et Chostakovitch, et les concerts de musique contemporaine de samedi et dimanche derniers.

Je ne cherche pas à imposer un type de sentiment vis-à-vis des œuvres proposées.
Le sentiment provient toujours de la musique elle-même.
On ne peut pas par des mots se substituer à la musique.
Loin de nous donc l'idée d'en extraire une pseudo-poésie ou une spéculation philosophique superficielle. Il n'empêche qu'une fois de plus la Musique prétend au sublime ; en l'écoutant on peut vivre quelque chose au-delà de l'existence quotidienne.

Comment traduire la transcendance de ceux qui ont fait Les Figures du Siècle ?
Comment ne pas aimer le vers de Baudelaire : "Les violons vibrant derrière les collines" ?
Avec les musiciens de L'Instant Donné (Rémy Jannin coordination artistique Elsa Balas alto - Nicolas Carpentier violoncelle - Caroline Cren Rhodes, piano Esther Davoust harpe - Maxime Echardour percussion - Saori Furukawa violon Cédric Jullion flûte - Philippe Régana hautbois - Mathieu Steffanus clarinette Invitée Marion Tassou soprano) qui ont interprété les compositions étonnantes de Frédéric Pattar, cet assentiment se fait en nous spontanément, immédiatement, les phrases musicales redoublent de sens et de puissance.

Avec les musiciens des Percussions de Strasbourg (Claude Ferrier, Bernard Lesage, Keiko Nakamura, François Papirer, Olaf Tzschoppe) qui ont donné en première mondiale la pièce du compositeur Jose Manuel Lopez Lopez Haikus del mar, c'est par le souci de ce qui en eux est sonorité que la musique a pris son envol dans l’Opéra Berlioz comme pour nous avertir tout au long de leur concert de la voie que nous devons prendre.

Il y a eu aussi nos trois musiciennes de l'Orchestre national Aude Périn-Dureau, Florentza Nicola, Pia Segerstam, accompagnées au piano par Sophie Grattard. Chacune d’entre elle a provoqué une grande attention, soutenue, mais une sorte d'attention devenue irréfléchie, qui nous emporte loin dans l’abandon et nous fait nous perdre dans leur musique !

Pour finir, avec L'Ensemble intercontemporain* la Musique est passée de l'ombre à la lumière, comme si l'âme humaine devenait alors une nuée qui emplit un instant le ciel. Avec leur Musique on se défait d'une pensée encombrante, elle n'identifie pas, elle fait apparaître, sous l'impulsion géniale du jeune Cornelius Meister.

Dans la musique contemporaine, il n'y a plus de dehors, ni de dedans, il y a la seule musique, indispensable à nos vies !

Jean-Paul Scarpitta

* Odile Auboin, Nicolas Berteloot, Alain Billard, Frédérique Cambreling, Sophie Cherrier, Jérôme Comte, Jeanne-Marie Conquer, Eric-Maria Couturier, Nicolas Crosse, Alain Damiens, Gilles Durot, Géraldine Dutroncy, Samuel Favre, Pascal Gallois, Jean-Jacques Gaudon, Philippe Grauvogel, Hanna Victor, Hae-Sun Kang, Raphaël Martin, Jens Mc Manama, Jérôme Naulais, Emmanuelle Ophele, Didier Pateau, Paul Riveaux, Clément Saunier, Christelle Séry, Grégoire Simon, Benny Sluchin, Pierre Strauch, Diégo Tosi, Jean-Christophe Vervoitte, Sébastien Vichard.